Le mohair : la chèvre qui fabrique de la lumière
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Le mohair est la fibre de la chèvre angora — et non du lapin angora, avec lequel on le confond presque toujours. Sa surface est bien plus lisse que celle de la laine de mouton : elle réfléchit la lumière comme une soie, ce qui lui vaut son surnom de « fibre diamant ». Le plus fin de tous, le kid mohair, vient des premières tontes des chevreaux.
Premier grimoire d'une série sur les fibres qui passent dans notre chaudron. Aujourd'hui : le mohair, la plus lumineuse de toutes. Prochains chapitres : le mérinos, puis le yak.
Une chèvre, pas un lapin
Commençons par démêler une confusion qui a la vie dure : le mohair vient de la chèvre angora — rien à voir avec la laine dite « angora », qui vient du lapin du même nom. Deux animaux, deux fibres, deux mondes. La chèvre angora tient son nom d'Ankara, en Anatolie, où on l'élève depuis des siècles pour sa toison ; le mot mohair, lui, descendrait de l'arabe mukhayyar, qu'on peut traduire par « choisi », « le meilleur du poil ». Le programme est annoncé.
Longtemps jalousement gardée par l'Empire ottoman, la belle a fini par voyager au XIXe siècle vers l'Afrique du Sud et le Texas, qui restent aujourd'hui les deux grandes terres du mohair — l'Afrique du Sud assure à elle seule plus de la moitié de la production mondiale. La France en élève aussi, quelques milliers de chèvres chez de petits éleveurs passionnés, sous des chartes comme « Le Mohair des Fermes de France ».
Pourquoi ça brille (la vraie explication, pas la magique)
On surnomme le mohair « fibre diamant », et ce n'est pas du marketing. Tous les poils d'animaux sont couverts de minuscules écailles, comme des tuiles sur un toit. Sur un mérinos, ces écailles sont nombreuses et relevées : elles diffusent la lumière, d'où un aspect mat. Sur le mohair, elles sont plates, larges et à peine marquées : la surface de la fibre est presque lisse, et elle réfléchit la lumière comme une soie. C'est cette architecture microscopique qui donne au mohair son lustre — et qui explique aussi pourquoi il feutre beaucoup moins que la laine de mouton : des écailles plates ont bien du mal à s'accrocher entre elles.
Autre particularité : contrairement à la plupart des chèvres, l'angora n'a pas de double toison (poil de garde + duvet). Elle produit une seule couche de boucles régulières, qui pousse d'environ deux centimètres par mois, sur tout le corps, tête et pattes comprises. C'est ce qui lui donne cet air de nuage frisé sur pattes — et ce qui permet de la tondre deux fois par an, pour quatre à six kilos de fibre annuels. Une générosité rare : un lapin angora ou une chèvre cachemire donnent des quantités dérisoires en comparaison.
Kid, young, adult : une histoire d'âge
Tout le mohair ne se vaut pas, et la différence tient à l'âge de la chèvre. Les premières tontes des chevreaux, avant six mois environ, donnent le fameux kid mohair : des fibres d'environ 23 à 27 microns, les plus fines, les plus douces, celles qu'on peut porter contre le cou. Ensuite, la fibre épaissit avec l'animal : le « young » tourne autour de 27 à 30 microns, et le mohair adulte dépasse les 30, réservé aux tissages, aux tapis, aux usages qui demandent du nerf plutôt que de la caresse. Quand une étiquette dit simplement « mohair », la question à poser est donc toujours : lequel ?
Chez Wool and Magic, la réponse est simple : nos bases duveteuses sont en kid mohair assemblé à de la soie. La soie apporte le fil d'âme solide et brillant, le kid mohair apporte le halo. C'est le duo classique des dentelles précieuses, et ce n'est pas un hasard : les deux fibres partagent le même goût pour la lumière. À découvrir dans nos deux bases mohair : Mohair & Soie et Mohair & Sequins.

Le mohair au chaudron
Et à la teinture, alors ? C'est là que la sorcière sourit. Le mohair a une excellente affinité pour les colorants : il boit les bains volontiers, et sa surface lisse renvoie la couleur au lieu de l'éteindre. Le même bain qui donne un joli bleu sur une laine mate donnera sur le mohair un bleu qui s'allume. Nos écheveaux de kid mohair & soie sortent du chaudron avec cette profondeur laquée qu'aucune autre base ne nous donne — bain démarré à froid et monté doucement en température, jamais brusqué, parce que le halo se mérite.
Une honnêteté de teinturier tout de même : s'il prend la couleur volontiers, le mohair, peu écailleux, la fixe un peu plus lentement que le mérinos superwash. On lui laisse le temps. Ici, personne n'est pressé — c'est presque notre devise.

Trois gestes pour le garder longtemps
Un tricot en kid mohair & soie se lave à la main, à l'eau froide ou à peine tiède, avec un savon doux, sans frotter ni tordre : on presse, on rince, on roule dans une serviette, on sèche à plat. Pas de sèche-linge, jamais — la chaleur et l'agitation sont les deux seules choses au monde capables de feutrer un mohair. Entre deux lavages, une nuit dehors à l'air frais suffit souvent à le rafraîchir. Et si le halo s'aplatit avec le temps, un passage de brosse très douce le réveille.
Questions fréquentes sur le mohair
Le mohair, c'est quoi ?
Une fibre textile issue de la toison de la chèvre angora. Ses écailles plates et à peine marquées rendent sa surface presque lisse : elle réfléchit la lumière, ce qui lui donne son lustre caractéristique, et elle feutre beaucoup moins que la laine de mouton.
Le mohair vient de quel animal ?
De la chèvre angora, élevée depuis des siècles autour d'Ankara, en Anatolie. L'Afrique du Sud et le Texas en sont aujourd'hui les deux grandes terres de production ; la France compte aussi quelques milliers de chèvres chez de petits éleveurs.
Quelle différence entre le mohair et l'angora ?
Le mohair vient de la chèvre angora ; la laine dite « angora » vient du lapin angora. Deux animaux différents, deux fibres différentes.
Le kid mohair, c'est quoi ?
Le mohair des premières tontes, avant six mois environ : des fibres d'environ 23 à 27 microns, les plus fines et les plus douces, celles qu'on peut porter contre le cou. Ensuite la fibre épaissit — environ 27 à 30 microns pour le « young », plus de 30 pour le mohair adulte.
Comment laver un tricot en mohair ?
À la main, à l'eau froide ou à peine tiède, avec un savon doux, sans frotter ni tordre : on presse, on rince, on roule dans une serviette et on sèche à plat. Jamais de sèche-linge.
La suite au prochain grimoire : le mérinos, ou pourquoi « laine qui gratte » est une légende urbaine. D'ici là, nos écheveaux kid mohair & soie teints à la main vous attendent dans la boutique.
Photo : Jann Bader (Pexels).
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